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Réseau Soutien Migrants 89, groupe Poyaudin et besoin d'hébergement !

Rédigé le 29/04/2020
Association Transitions


Catherine Maître est membre de la direction collégiale de l'association Réseau Soutien Migrants 89. Elle habite Fontaines. Éducatrice spécialisée en retraite, elle a essentiellement exercé des Mesures d'Assistance Éducative en Milieu Ouvert judiciaires (A.E.M.O.).


Julie - Peux-tu me parler de l’élan qui a fait naître RSM89 : quand, comment, quels objectifs ?

Catherine commence par donner la parole à Pacco, autre membre de la direction collégiale, qui a vécu l’événement fondateur de RSM89.

Pacco :  Il y a 10 ans tout juste (c'était en mai 2010) un groupe d'une centaine de Sans-papiers parisiens a décidé de sensibiliser la population française à leur sort. Ils se sont lancés dans une marche de Paris à Nice où devait avoir lieu une réunion France-Afrique au niveau des chefs d'État.

Il leur fallait trouver des étapes sur tout le parcours. Dans l'Yonne, des gens se sont trouvés pour organiser cela à Sens, à Joigny, à Auxerre. Je dis « ils se sont trouvés » parce que, pour la plupart, ils ne se connaissaient pas. Il y avait peu de chances qu'ils se rencontrent sur une action commune. Il y avait là des militants associatifs, des syndicalistes, des politiques et, bien sûr des humanitaires. Mais il y avait aussi des gens qui ne s'étaient jamais vraiment posé concrètement la question des migrants et qui, pourtant, pendant ces 3 jours, ont effectué des démarches pour leur trouver des hébergements, des endroits de pique-nique, les ont véhiculés pour les petites courses, ont mangé avec eux.. et ont marché avec eux.

Le dernier jour, au moment de la séparation, on ne savait plus qui remerciait qui : les sans-papiers pour l'accueil chaleureux ? ou les accompagnants qui, comme je le disais « se sont trouvés » grâce à eux.

Une fois les sans-papiers partis, il n'était pas question de perdre cette fraternité et un collectif informel s'est rapidement constitué, comme une sorte de prolongement de la CIMADE qui traitait les questions administratives et juridiques des migrants, mais qui n'avait pas les moyens de les accompagner dans leur vie quotidienne. Il s'est appelé « Vigilance Migrants ».

L'un des principaux problèmes à régler était celui de l'hébergement. Alors, le jour où un propriétaire ami a décidé de mettre une maison à notre disposition pour un an, et qu'il a fallu régler des questions d'assurance, de paiement d'électricité et d'eau, cela nous a incité à nous structurer plus sérieusement et nous avons créé le Réseau Soutien Migrants 89. C'était en 2013.

Catherine : D'une façon générale, RSM89 accompagne ces migrants dans leurs démarches sociales, administratives (toujours en lien avec la CIMADE sur ce plan), dans l'apprentissage de la langue française, le soutien scolaire pour les jeunes, dans le soutien moral, etc…

RSM89 ne reçoit aucune subvention. Ses seuls revenus sont les adhésions et les dons des uns et des autres ou les revenus d'actions ponctuelles (exemple un concert en février dernier à Lormes).

RSM89 mène également des actions avec d'autres associations d'aide aux migrants (cela a été le cas du concert que je viens de citer organisé avec l'Association de Solidarité avec les Migrants du Haut Nivernais).

Enfin, RSM89 interpelle régulièrement les pouvoirs publics, les politiques, sur les conditions désastreuses d"accueil" des migrants : nombreux refus excessifs de statuts de réfugiés par l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) puis par la CNDA (procédure d'appel de l'OFPRA), quelques refus très contestables de cartes de séjour même quand les demandeurs remplissent les conditions requises, contestation de l'existence des CRA (centres de rétention administrative), abus d'OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), d'assignation à résidence, non hébergement par l’État de demandeurs d'asile qui, pourtant, ont droit à être logés, etc…